Amdouni la chute?

Ecrit par: Bernard Brun - Le 03 octobre 2019

La chaîne de télévision allemande ARD a révélé jeudi des informations concernant le champion d’Europe du 10 000 m, le Français Morhad Amdouni, qui serait impliqué dans une affaire de dopage.

Après avoir révélé plusieurs scandales de dopage dans l’athlétisme kenyan et russe, la chaîne de télévision allemande ARD s’est penchée sur le cas du fondeur français Morhad Amdouni. Sacré champion d’Europe du 10 000 m et médaillé de bronze sur 5 000 m l’an passé à Berlin, Amdouni, 31 ans, a connu une progression fulgurante. Il a déclaré forfait pour les Mondiaux de Doha, où il était engagé sur le marathon, officiellement en raison d’une blessure (élongation à une cuisse) qui a retardé sa préparation. Mais sa défection prend une tournure tout autre à la lumière des révélations d’ARD.

Des conversations avec un dealer dévoilées
Le service spécialisé dans les affaires de dopage de la chaîne allemande a déclaré être en possession d’échanges WhatsApp impliquant Amdouni, qui laisseraient à penser que l’athlète coaché par Philippe Dupont se serait dopé en 2017. Il s’agit de conversations entre Amdouni et un dealer, qui lui réclame de l’argent pour les substances qu’il lui aurait procurées.

« Si je n’ai pas mon argent demain, Mourad, tu vas le regretter et tu seras perdant parce que je n’aime pas les personnes qui profitent de moi », écrit le dealer. « Juste pour te rappeler que tu as acheté un pack d’EPO et un pack d’hormones de croissance . » Ce dernier insiste : « Je te le dis encore, je veux mon argent demain, 150 euros » Les journalistes allemands ont tenté d’obtenir des explications de la part de Morhad Amdouni la semaine passée, mais l’athlète s’est contenté de répondre : « C’est simplement incroyable de parler de telles choses, il n’y a rien. Il n’y a rien à dire là-dessus, il n’y a rien. »

Un informateur menacé de mort
ARD affirme que l’affaire dépasse le cadre sportif et s’apparente au crime organisé. Après cette confrontation, un informateur aurait reçu des menaces, sur WhatsApp, de la part de l’entourage proche d’Amdouni. « Tu es dans ton monde, *** (nom de l’informateur), en France, il y a des Russes, des Roumains, qui tuent pour 1000 euros. Et toi, tu joues avec ça. Un jour, tous les athlètes à qui tu as fait l’enfer se retourneront contre toi. » L’informateur a répondu : « Si quelqu’un me fait quelque chose, je ne regrette rien. » puis « *** (l’expéditeur du message de menace), je n’ai peur de personne. » Ce à quoi l’expéditeur a répondu : « OK, alors travaille avec l’agence antidopage comme avant. »

Amdouni a plus tard donné suite à ARD par un simple mail, avec une courte déclaration en français et en allemand, ne répondant aucunement aux seize questions envoyées par le média allemand. Il a écrit qu’il était inquiet d’ « éviter toute mauvaise interprétation » et a parlé d’une « déclaration infondée » contre cette personne. La police française aurait connaissance de tous ces éléments, ajoute ARD.

Jeudi à la mi-journée, ni Morhad Amdouni ni son entraîneur Philippe Dupont n’ont répondu à nos appels. Le DTN de la FFA, Patrice Gergès, n’a pas souhaité prendre les devants : « Dans ce domaine très grave et important, je laisse le président (André Giraud, ndlr) s’exprimer en premier. » Riad Ouled, agent de Morhad Amdouni, n’avait pour l’heure « rien à dire. Je suis comme tout le monde j’entends des rumeurs et j’essaie de comprendre ».

Un documentaire sur le dopage au Maroc doit être diffusé sur ARD ce jeudi après-midi.

publié le 3 octobre 2019 à 14h02
mis à jour le 3 octobre 2019 à 14h09

Sans déconner c’est sordide cette affaire!

Et Dupont, Salazar français?

Le retours des zéros 2019?

Ecrit par: Bernard Brun - Le 29 septembre 2019

le retour des zerosCet article fut écrit au lendemain des JO de Barcelone. Le journaliste n’y allait avec « le dos de la cuillère » avec son titre! Le DTN de l’époque avait lui tenu des propos assassins…

Les propos de Duros et Pantel sont eux pleins de souffrance et de dignité.

Que va écrire le journaliste d’aujourd’hui? Une tartine sur des larmes et lamentations?

Attendre et voir…

Du compromis à la compromission…

Ecrit par: Bernard Brun - Le 08 septembre 2019

En regardant ce matin un triathlon et un semi-marathon il m’est revenu une discussion que j’avais eu avec un ami, après un entraînement, sur compromis et compromission.
S’il est acceptable de pratiquer le compromis, nous étions d’accord que la compromission est une attitude beaucoup plus critiquable.
Or je regarde fréquemment des retransmissions télévisées sur les sports et ce matin j’ai écouté des duos de commentateurs, un journaliste et un consultant.
Bon…le journaliste vend sa soupe, c’est normal !
Et le consultant ?
C’est ici que commence la compromission !
Le compromis pour le consultant-e c’est donner des avis techniques afin de, en contrepartie, « mettre du beurre dans les épinards ».
La compromission c’est de tresser des louanges à des sportifs pour le moins suspects au niveau du dopage, fût-il « Sir »…surtout quand on se présente par ailleurs comme de « blanches colombes » !
Ah ! Ces « énormes » poussé par ces « consultants » après des arrivées…ça me débecte !

C’est U-Trail qui le dit!

Ecrit par: Bernard Brun - Le 05 septembre 2019

Le trail n’est pas assez rentable pour y faire de la lutte antidopage
EDITOSANTÉ septembre 3, 2019
Auteur : Hubert bonnisseur de la Bath23
Derrière un marketing redoutable vantant le « nature friendly », le trail bénéficie d’une espèce d’aura qui le laverait de tous les soupçons possibles et imaginables. La levée de boucliers suite au dernier article sur le dopage le montre bien. Quand on s’attaque à ce que les autres vénèrent, ça gêne.

Un blogueur disait que le trail est à la course à pied un peu ce que le rugby est au sport collectif, et j’aime beaucoup cette analogie. On lui prête des valeurs qu’on ne trouverait pas ailleurs. Evidemment, c’est des conneries. Il y a autant de cons consuméristes, superficiels avec un melon énorme sur les sentiers que sur le bitume.

Bref, le trail est un sport comme les autres, avec ses bons côtés, et le dopage. Car même s’il n’en est encore qu’à ses balbutiements (il suffit de voir les prize money par rapport aux grands marathons), les profits générés sont croissants, voire exponentiels. Aussi, est-ce que la lutte antidopage évolue au rythme des profits ? Spoil : NON !
Le dopage en trail, clairement, on n’en parle jamais. Bien candide celui qui pensera que c’est par ce qu’il n’y en a pas. Le seul fait ayant pu faire date est celui de Gonzalo Calisto en 2015 sur l’UTMB, contrôlé positif à l’EPO. Jean qui rit se réjouissait de l’efficacité de la lutte antidopage, Jean qui pleure se disait qu’il fallait être con pour se faire prendre. Je pense que le second a raison.
Quelles pistes d’explications du dopage ? Personnellement, je ne pense pas que ce soit uniquement pour l’argent que des traileurs peuvent se doper (dans ce cas, ils sont cons et ont choisi le mauvais sport). Je verrais plutôt un développement malsain de la bigorexie. En effet, dans la majorité des sports, une carrière commence tôt et se finit tôt (entre 20 et 35 ans en général) ; or, dans le trail, les moyennes d’âge des participants restent élevées (plus de 40 ans sur l’UTMB et la diagonale des fous), et en parallèle, les vainqueurs sont de plus en plus jeunes (Walmsley, Capell, Wolf, même Jornet sont encore des gamins). La bigorexie et le déni du temps qui passe peuvent conduire à ça. Ce n’est qu’une piste parmi des dizaines, j’en conviens.
Une autre raison sur le fait qu’on ne parle pas du dopage en trail, c’est que mettre en place une structure antidopage coûte cher (il faut compter en France 800 euros pour un contrôle (ça peut être le triple dans certains pays), entre l’expertise d’un échantillon, la rémunération d’un officier de contrôle antidopage et le transport des échantillons), et que les revenus générés, apparemment, ne suffiraient pas (ou alors, le mercantilisme est plus important que la propreté ; c’est une question de priorité selon moi). Dès lors, la mise en place d’un contrôle antidopage ne se fera que sur base de la volonté des organisateurs d’une course de le faire ou pas. Et forcément, si ça se fait ainsi, aucune certitude d’uniformisation entre les contrôles.
Et encore une fois, même si ça peut permettre d’attraper les plus étourdis, pour un vieux briscard comme Nicolas Martin, « si quelqu’un veut tricher aujourd’hui, il suffit d’avoir ses entrées dans le monde médical et assez d’argent ». Il ajoute cependant que ce n’est qu’à la portée de « cinq à six coureurs dans le monde ». Le meilleur exemple de contournement des protocoles médicaux reste à ce jour Lance Armstrong.
Bref, sans une structure indépendante et internationale, les optimistes continueront de penser que notre sport est plus propre que les autres (parce que le trail est plus proche de la nature que les autres sports, voyons…) et les plus réalistes continueront de se dire que le dopage existe dans le trail comme partout, c’est juste qu’on ne veut pas se donner les moyens de prendre le problème à bras le corps.

NOTA: Je rappelle que la lutte contre le dopage dépend d’Agences nationales ou mondiale et que c’est leurs rôle d’aller contrôler.

Je rappelle aussi que le contrôle longitudinal existe, mais nos stars du trail y-sont-ils soumis?

Dopage et formation

Ecrit par: Bernard Brun - Le 02 septembre 2019

L’athlétisme fait partie de ma vie mais, de l’enthousiasme du cadet aux désillusion d’aujourd’hui, que de chemin parcouru !
De la course à pied avec du « matos » à « trois francs six sous » nous sommes passés à des tenues sophistiquées qui coutent « un bras » !
Des courses lancées par le mouvement Spiridon dans les années 1970 avec des taxes d’inscriptions très faibles voire gratuite, nous sommes passé à, parfois, à un business écœurant avec des taxes de riches !
Des systèmes d’entraînements anarchiques de mes débuts nous sommes passés à des systèmes plus « scientifiques » à partir des années 80.
Et puis ?
Patatras !
C’est en 1993 que j’ai vu les premiers coureurs « nouveaux », ceux qui ne « respirent pas » !
Ces hontes éthiopiennes, kényanes, italiennes, espagnoles, allemandes et …françaises.
Et aujourd’hui encore et toujours au meeting de Weltkasse du 29 août dans le 5000m chronos des 5 premiers : 12’57’’41, 12’58’’15, 12’59’’05,12’59’’09, 12’59’’66 ! Rappel il y a près de 25 ans Saïd Aouita, qui n’était pas un unijambiste, passait le premier sous la barre des 13’ (12’58’’39).
Que de progrès !
On voit ici, dans cet exemple, l’échec total de la lutte contre le dopage et ce ne sont pas les quelques gesticulations avec les sanctions russes, la « chute » d’un-e tel-le ou un-e tel-le ou la mise à l’écart d’un cadre technique fédéral qui vont changer la donne!
Alors que faire ?
Je n’envisage qu’une voie celle de la formation.
Formations dans tous les domaines, d’abord des dirigeants qui par définition décide de l’orientation de l’activité, puis de l’entraîneur et enfin du pratiquant.
En ce qui concerne l’entraînement on voit aujourd’hui fleurir un nombre conséquent de « coachs » avec, notamment,  l’avènement du trail…
Si j’ai des doutes sur leurs connaissances techniques j’ai encore plus en ce qui concerne leur éthique, car, de fait, dans une mondialisation libérale féroce seul le résultat compte… et la fin justifiant les moyens…
Alors formons, formons !
Mais qui et comment ?
Qui ? La fédé.
Comment ?
C’est bien là que le bât blesse…
Un exemple ?
Celle des entraîneurs de mon club à Anduze dans le département du Gard, pour se former il faut se rendre quasi exclusivement à Toulouse dans le département de la Haute Garonne à plus de 300km, 7 heures de route aller-retour, 100€ de frais plus le coût de la formation.

Si je prends l’exemple de la formation du module M00006 « Planifier et évaluer » (30€ de frais de formation) début de la formation 14h, fin 17h donc :
Départ d’Anduze à 10h00 pause déjeuner vers midi, cours, retour vers 21h00.
Et…pas d’entraînement ce jour-là !
La peine est lourde !
Alors des solutions ?
Oui il y en aurait :
1/ la décentralisation des formations
2/ le tutorat
Ces deux solutions permettraient plus de souplesse dans les contenues (individualisation) et le lieux et horaires de ces formations.
D’après ce que j’avais lu et qui m’avait été expliqué ceci était envisagé…
Envisagé…
Alors, bougeons-nous, dirigeants, entraîneurs, athlètes, parents d’athlètes !
« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire »
Albert Einstein