Les tricheurs, d’Armstrong aux coureurs kényans

Ecrit par: Bernard Brun - Le 20 avril 2018

Basson*

Ce matin j’apprends que:

« La star déchue du cyclisme Lance Armstrong en a fini avec la justice américaine: il a accepté jeudi de payer cinq millions de dollars d’indemnisation à l’un de ses anciens sponsors qui lui réclamait 100 millions de dollars, au titre de dédommagement pour avoir eu recours au dopage. »

Le Pauvre homme!

5 millions , vous vous rendez compte!

Mais l’artiste en aurait amassé 125 millions pendant sa carrière! Alors il n’est pas à ça près!

Moi ce qui me « tue » c’est qu’il continue à avoir ses admirateurs, il a été même invité dernièrement dans une des grande classique belge!

Faut-il être bête…

Mais bon le cyclisme a bon dos…

Les plus grands scandales en sport ce sont en course à pied que nous les voyons.

Tous les marathons « à pognon » de la planète le démontrent semaine après semaine, 2h04′ devient d’une banalité…

Qu’à donc a faire un entraîneur normal dans ce grand bazar? Rien, absolument rien…

Personnellement je quémande depuis des années et des années aux décideurs qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux des moyens d’entraîner:

Stades disponibles. Par exemple? Vont arriver les chaleurs et dans notre midi les températures vont grimper, grimper et nos coureurs ne pourront plus faire de grosses séances à 18h00. La solution courir beaucoup plus tard, presque à « la fraîche », mais pour cela il faut que le gardien puisse le faire et il faut que le stade puisse être allumé…et ça ce n’est pas gagné.

Des compétitions de différents niveaux accessibles à tous du niveau départemental au plus haut niveau et ici pareil dur-dur de programmer une saison.

Et puis ma hantise, ce qui gâche ma vie d’entraîneur, les soucis physiques: blessures diverses et maladies: comment faire pour bien faire? Où sont les compétences, quels toubibs, kinés, ostéos, podologues…?

Face aux millions du grand menteur…

* Christophe Bassons fut une des nombreuses victimes de Lance A, mais aussi d’un système devant lequel Bassons ne plia pas. Cela ne fit pas sa fortune mais dans la vie il faut savoir ce que l’on veut!

 

 

 

 

 

 

Belle course chez moi!

Ecrit par: Bernard Brun - Le 20 avril 2018

La calade 2018 2La calade 2018 1

Venez donc chez moi en Cévennes un très beau parcours au milieu des châtaigniers , sur de beaux sentiers, et avec une ambiance très conviviale! Si vous voulez « causer » course à pied, entraînement, je serai là!

À demi-heure au nord d’Alès, une heure seulement de Nîmes

Courses de demi-fond…

Ecrit par: Bernard Brun - Le 11 avril 2018

Voici ce que j’ai trouvé en examinant les ligues Occitanie, AURA et PACA.

Le 7 avril Départemental première journée à Montpellier Gard/ Hérault 1500m…

 Le 25 avril Soirée Gardoise à Bagnols 1500m et 5000m

 Le 1 mai Millau 800m et 5000m

 Le 13 mai où ? Départemental deuxième journée Gard/Hérault

 Le 10 juin Zone à Montpellier 800m,1500m et 5000m

 Le 22 juin Soirée Gardoise à Villeneuve les Avignon 800m et 3000m

 (Le 23 juin Ambilly AURA 5000m)

 Le 30 juin Région à Toulouse 800m,1500m et 5000m (championnat régional)

 Le 6 juillet Soirée Gardoise à Alès 800m, 1500m et 3000m

On notera un gros trou en mai pour les coureurs qui ne participent pas aux interclubs. Une soirée gardoise aurait été la bienvenue.

 

10000m : Pourquoi plus de « Pantel » aujourd’hui ?

Ecrit par: Bernard Brun - Le 11 avril 2018

 

Cette question m’a été posé à plusieurs reprises au cours des dernières années et tout dernièrement encore.

Tenter d’y répondre n’est, forcément, pas facile.

Je vais essayer néanmoins de le faire de la manière la plus honnête que je le peux, ce sera un mélange de bien des choses différentes :

L’entraînement. Les compétitions. Les adversaires

L’entraînement :

De cadet (1981) à sa fin de carrière, écourtée par la maladie, à 1998 nous avons compagnonné donc 17 ans.

Est-ce une des raisons de sa réussite ? J’en suis convaincu. La permanence est le gage d’une cohérence indispensable au progrès. Malheur aux papillonneurs en quelque sorte !

Je ne saurais parler d’entraînement sans évoquer la personnalité de Raymond Chanon le Conseiller Technique Départemental du Gard, il m’a appris tout ce que sont les bases de l’entraînement. Mais pas que cela, tout ce qui est dit et pas dit en dehors du pur cadre technique, la personnalité de l’entraîneur, son éthique, sa vie d’homme.

Nous avions travaillé sur le concept de la VMA dès 1977, sur le CAT Test, puis au fil du temps ce tutorat a évolué, je suis devenu « grand » !

TP en a « bouffé » de la VMA, du seuil anaérobie, mais aussi, ce qui est à mon avis une des particularités de son entraînement, le système lactique, tant au niveau puissance que capacitaire. Il était basé sur deux périodes bien distinctes, de novembre à fin mars les cross, d’avril à juillet la piste. Très occasionnellement la course sur route. J’étais aussi très souvent avec lui pendant ses entraînements. Je pense que c’est un point très important dans la progression du coureur, ce lien quasi quotidien, être toujours au plus juste, au plus précis. TP c’est toujours entraîné sur des stades proches de ses lieux de vie, Alès, Marignane, Sorgues et Bugeat. Tout le monde pouvait le voir, lui parler, le chronométrer. Pas de stages à l’autre bout du monde, une autre idée d’un champion !

Sur cet entraînement je dois dire que je n’ai pas pu partager avec les cadres fédéraux, j’ai toujours ressenti chez eux une sorte de défiance. En 1989 Pantel m’avait emmené à un stage de l’équipe de France à Aix Les Bains, l’accueil de Gacon et Vialle fut glacial, ils ne me voulaient pas, j’ai tenté de parler avec Gacon qui a gardé ses distances. J’ai pu parler avec Camille Vialle 10 ans plus tard et ce jour là sa parole c’est libérée…

Cette méfiance envers les entraîneurs de base je l’ai encore rencontré avec Pascal Machat quand la junior Caïna Bensalem n’a pas été retenu à un championnat d’Europe de cross « les entraîneurs français sont mauvais, regarde en Angleterre ». Que dire de Jean-François Pontier ? En 1983 c’est lui qui avait entraîné Pantel pendant son service militaire, il est toujours présent, on ne pas dire qu’il n’y a pas de continuité à la FFA !

Alors pourquoi cette absence de dialogue ?

J’ai lu avec une grande satisfaction à la page 31 du Projet de Performance Fédéral 2017-2024 au point 1-2-5 Animation de la spécialité : « Eviter les dogmes et multiplier la notion de singularité » je lis aussi : « Valoriser les entraîneurs » … attendre et voir ?

 

Le plus grand manque fut à n’en pas douter le suivi médical. Il est très difficile, encore aujourd’hui, de trouver les compétences médicales que demande le haut niveau, tant que ça va…la chance…

La mononucléose de février 1991 a été le « début de la fin », malgré le mondial de cross 1992 et le beau mois de juin 1993… Nous n’avons rencontré un nutritionniste, Denis Riché, qu’en 1994. Les ennuis se succédant, aucun toubib en France n’a été capable de trouver le pourquoi…c’est Riché qui m’a mis en contact avec le docteur Eric Ryckaert, connu par l’affaire Festina, qui a découvert très rapidement que Thierry souffrait d’une déficience au niveau des glandes parathyroïdes, « la messe était dite ».

 

La compétition

Ceux qui ont vu courir TP se souviennent de sa foulée et aussi de sa tactique offensive avec des attaques, des prises de risques, que ce soit en cross ou sur piste. Vivre « sa » course, ne pas subir !

Il n’a gagné qu’un titre de champion de France de cross alors qu’il avait remporté plusieurs années le challenge des cross français (Mutuelles du Mans) sorte de classement au point.

Son record de France du 10000m en 1990 en 27’31’’16 fut la 6ème performance mondiale de cette année-là.

Pourtant la fédé ne lui faisait pas de cadeaux ! Je me souviens d’un championnat de France de 10000m à Narbonne en 1992, 28°, seul à partir du 6000m, 28’13’’92, longtemps record de championnat. Loin des minimas pour les JO de Barcelone, Robert Bobin président de la FFA lui a dit sur le podium « si tu veux aller au JO il te faut battre le record de France ». Thierry a été faire ses minimas tout de même et à Barcelone où il abandonna le jugement sévère porté par le DTN de l’époque Serge Bord restera toujours dans ma mémoire !

La rareté des 10000m posait déjà des problèmes. Si Thierry a pu rentrer dans des 10000m de niveau international c’était grâce à son équipementier. Depuis la situation a empiré dans la Coupe des Nations le 10000m a été remplacé par un…3000m ! Et en France le 10000m est devenu le vilain petit canard avec un championnat en avril ! Comment en effet être au top pour le championnat national en avril et l’être à nouveau pour les échéances internationales en août ? Je salue ici le travail remarquable mené par Loïc Rapinel depuis deux ans pour rénover cette belle épreuve !

Un point important aussi : les aspects économiques. Pantel gagnait correctement sa vie avec sa saison hivernale ce qui lui permettait l’été de se consacrer à la piste qui elle ne lui rapportait aucun subside. Aujourd’hui le cross ne nourrit pas son homme, donc les coureurs vont faire de « l’alimentaire » sur la route et par voie de conséquence délaissent la piste. Thierry courrait des 1500 et des 3000, aujourd’hui qui le fait ?

Un dernier point « tabou ». Le dopage. Je me répète en 1990 avec son record de France Pantel se situait au 6ème rang mondial aujourd’hui 27’30’’ c’est la fin d’un semi ! Bien-sûr quand on évoque le dopage on se tourne vers d’autres cieux et chez nous en France, pas de dopage ? Combien de records de France propre à ce jour ? Je laisse à chacun le soin de faire son analyse ! Un exemple, dans notre ligue Occitanie je vois que le record du marathon est de 2h08’33’’ (Kiprotich), record qui ne sera jamais battu…

Le dopage a permis à des coureurs « moyennas » de ramasser primes et contrats d’équipementiers pendant que pendant ce temps là de très bons coureurs ramaient sec ! Toujours dans les records de ma Ligue Occitanie, tous d’Alès :

Rouquet 10km 30’19’’ en junior et espoir

Pages semi 1’10’48 en junior et 1h06’09’’ en espoir

Boucena 14’04’’65 sur 5000m

Pantel Pierrot 29’57’’07

Que sont-ils devenus ?

 

Les adversaires

La France a connu pendant cette période une belle brochette de coureurs les « anciens » Levisse et Watrice, les « jeunes loups » Arpin, Prianon, Laventure et Fréchard, Martins et puis ceux qui n’étaient pas dans le même registre Thiébaut, Itsweire, etc.

Pour les « cogner » ces mecs là il faillait élever son niveau !

Je les salue ici ainsi que leurs entraîneurs, notamment ceux que j’ai le plus rencontré Darras et Granier (l’entraîneur d’Arpin), sans oublier Carfantan.

 

 

 

 

 

 

« La galère d’un coach »

Ecrit par: Bernard Brun - Le 10 avril 2018

 

Tel est le titre d’un article du Midi Libre du lundi 9 avril en dernière page « Sports magazine ». Cet article tient les ¾ de cette page, c’est dire son importance.

Le « coach » est Sébastien Bouschet il est entraîneur à l’Entente Nîmes Athlétisme et suis plus particulièrement Jean-Marc Pontvianne. Cet homme de 34 ans est dans une situation finalement commune à bien des entraîneurs : un manque de moyen pour entraîner. J’ai connu ça avec Pantel et bien d’autres, son souci est lié à un problème d’emploi, j’ai connu ça aussi.

La FFA parle beaucoup de la professionnalisation des entraîneurs, or on peut lire dans cet article : « Malheureusement pour moi Montpellier (le club) n’en avait pas les capacités financières. » Montpellier qui est en matière d’athlétisme un poids lourd régional !

Donc ne rêvons pas.

J’ai su que l’ENA c’est trouvé en grande difficulté financière l’année dernière, beaucoup de bruits ont couru, on a parlé même de dissolution, c’est dire !

« Du coup on bricole, tout cela est précaire. On se voit une seule fois par semaine… »

Hé oui !

Quand Thierry Pantel est parti à Marignane, il n’y a pas trouvé d’entraîneur assez disponible, il m’a demandé de retravailler avec moi. La condition ? Qu’il vienne fréquemment à Alès, j’avais un emploi dans une entreprise du secteur privé à Alès et ne pouvait absolument pas aller à Marignane, alors Thierry venait à Alès le vendredi après son boulot, séance, et une autre le dimanche avant de repartir.

Du bricolage qui a été porteur par chance !

Ensuite il y a eu Sorgues avec un président qui devait me trouver un boulot, Alès où j’ai quitté mon emploi pour, soi-disant (« les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ») un emploi en mairie d’Alès…

Du bricolage ?

Tiens samedi dernier, stade fermé à la suite d’une situation ubuesque, travail de vitesse pour les plus jeunes sur la route devant le stade ! Merdre !

« MÈRE UBU

Oh ! merdre ! Ainsi, tu vas rester gueux comme un rat, Père Ubu ? »

Hé oui les cinquièmes roues de la charrette cher Sébastien !