Du compromis à la compromission…

Ecrit par: Bernard Brun - Le 08 septembre 2019

En regardant ce matin un triathlon et un semi-marathon il m’est revenu une discussion que j’avais eu avec un ami, après un entraînement, sur compromis et compromission.
S’il est acceptable de pratiquer le compromis, nous étions d’accord que la compromission est une attitude beaucoup plus critiquable.
Or je regarde fréquemment des retransmissions télévisées sur les sports et ce matin j’ai écouté des duos de commentateurs, un journaliste et un consultant.
Bon…le journaliste vend sa soupe, c’est normal !
Et le consultant ?
C’est ici que commence la compromission !
Le compromis pour le consultant-e c’est donner des avis techniques afin de, en contrepartie, « mettre du beurre dans les épinards ».
La compromission c’est de tresser des louanges à des sportifs pour le moins suspects au niveau du dopage, fût-il « Sir »…surtout quand on se présente par ailleurs comme de « blanches colombes » !
Ah ! Ces « énormes » poussé par ces « consultants » après des arrivées…ça me débecte !

C’est U-Trail qui le dit!

Ecrit par: Bernard Brun - Le 05 septembre 2019

Le trail n’est pas assez rentable pour y faire de la lutte antidopage
EDITOSANTÉ septembre 3, 2019
Auteur : Hubert bonnisseur de la Bath23
Derrière un marketing redoutable vantant le « nature friendly », le trail bénéficie d’une espèce d’aura qui le laverait de tous les soupçons possibles et imaginables. La levée de boucliers suite au dernier article sur le dopage le montre bien. Quand on s’attaque à ce que les autres vénèrent, ça gêne.

Un blogueur disait que le trail est à la course à pied un peu ce que le rugby est au sport collectif, et j’aime beaucoup cette analogie. On lui prête des valeurs qu’on ne trouverait pas ailleurs. Evidemment, c’est des conneries. Il y a autant de cons consuméristes, superficiels avec un melon énorme sur les sentiers que sur le bitume.

Bref, le trail est un sport comme les autres, avec ses bons côtés, et le dopage. Car même s’il n’en est encore qu’à ses balbutiements (il suffit de voir les prize money par rapport aux grands marathons), les profits générés sont croissants, voire exponentiels. Aussi, est-ce que la lutte antidopage évolue au rythme des profits ? Spoil : NON !
Le dopage en trail, clairement, on n’en parle jamais. Bien candide celui qui pensera que c’est par ce qu’il n’y en a pas. Le seul fait ayant pu faire date est celui de Gonzalo Calisto en 2015 sur l’UTMB, contrôlé positif à l’EPO. Jean qui rit se réjouissait de l’efficacité de la lutte antidopage, Jean qui pleure se disait qu’il fallait être con pour se faire prendre. Je pense que le second a raison.
Quelles pistes d’explications du dopage ? Personnellement, je ne pense pas que ce soit uniquement pour l’argent que des traileurs peuvent se doper (dans ce cas, ils sont cons et ont choisi le mauvais sport). Je verrais plutôt un développement malsain de la bigorexie. En effet, dans la majorité des sports, une carrière commence tôt et se finit tôt (entre 20 et 35 ans en général) ; or, dans le trail, les moyennes d’âge des participants restent élevées (plus de 40 ans sur l’UTMB et la diagonale des fous), et en parallèle, les vainqueurs sont de plus en plus jeunes (Walmsley, Capell, Wolf, même Jornet sont encore des gamins). La bigorexie et le déni du temps qui passe peuvent conduire à ça. Ce n’est qu’une piste parmi des dizaines, j’en conviens.
Une autre raison sur le fait qu’on ne parle pas du dopage en trail, c’est que mettre en place une structure antidopage coûte cher (il faut compter en France 800 euros pour un contrôle (ça peut être le triple dans certains pays), entre l’expertise d’un échantillon, la rémunération d’un officier de contrôle antidopage et le transport des échantillons), et que les revenus générés, apparemment, ne suffiraient pas (ou alors, le mercantilisme est plus important que la propreté ; c’est une question de priorité selon moi). Dès lors, la mise en place d’un contrôle antidopage ne se fera que sur base de la volonté des organisateurs d’une course de le faire ou pas. Et forcément, si ça se fait ainsi, aucune certitude d’uniformisation entre les contrôles.
Et encore une fois, même si ça peut permettre d’attraper les plus étourdis, pour un vieux briscard comme Nicolas Martin, « si quelqu’un veut tricher aujourd’hui, il suffit d’avoir ses entrées dans le monde médical et assez d’argent ». Il ajoute cependant que ce n’est qu’à la portée de « cinq à six coureurs dans le monde ». Le meilleur exemple de contournement des protocoles médicaux reste à ce jour Lance Armstrong.
Bref, sans une structure indépendante et internationale, les optimistes continueront de penser que notre sport est plus propre que les autres (parce que le trail est plus proche de la nature que les autres sports, voyons…) et les plus réalistes continueront de se dire que le dopage existe dans le trail comme partout, c’est juste qu’on ne veut pas se donner les moyens de prendre le problème à bras le corps.

NOTA: Je rappelle que la lutte contre le dopage dépend d’Agences nationales ou mondiale et que c’est leurs rôle d’aller contrôler.

Je rappelle aussi que le contrôle longitudinal existe, mais nos stars du trail y-sont-ils soumis?

Dopage et formation

Ecrit par: Bernard Brun - Le 02 septembre 2019

L’athlétisme fait partie de ma vie mais, de l’enthousiasme du cadet aux désillusion d’aujourd’hui, que de chemin parcouru !
De la course à pied avec du « matos » à « trois francs six sous » nous sommes passés à des tenues sophistiquées qui coutent « un bras » !
Des courses lancées par le mouvement Spiridon dans les années 1970 avec des taxes d’inscriptions très faibles voire gratuite, nous sommes passé à, parfois, à un business écœurant avec des taxes de riches !
Des systèmes d’entraînements anarchiques de mes débuts nous sommes passés à des systèmes plus « scientifiques » à partir des années 80.
Et puis ?
Patatras !
C’est en 1993 que j’ai vu les premiers coureurs « nouveaux », ceux qui ne « respirent pas » !
Ces hontes éthiopiennes, kényanes, italiennes, espagnoles, allemandes et …françaises.
Et aujourd’hui encore et toujours au meeting de Weltkasse du 29 août dans le 5000m chronos des 5 premiers : 12’57’’41, 12’58’’15, 12’59’’05,12’59’’09, 12’59’’66 ! Rappel il y a près de 25 ans Saïd Aouita, qui n’était pas un unijambiste, passait le premier sous la barre des 13’ (12’58’’39).
Que de progrès !
On voit ici, dans cet exemple, l’échec total de la lutte contre le dopage et ce ne sont pas les quelques gesticulations avec les sanctions russes, la « chute » d’un-e tel-le ou un-e tel-le ou la mise à l’écart d’un cadre technique fédéral qui vont changer la donne!
Alors que faire ?
Je n’envisage qu’une voie celle de la formation.
Formations dans tous les domaines, d’abord des dirigeants qui par définition décide de l’orientation de l’activité, puis de l’entraîneur et enfin du pratiquant.
En ce qui concerne l’entraînement on voit aujourd’hui fleurir un nombre conséquent de « coachs » avec, notamment,  l’avènement du trail…
Si j’ai des doutes sur leurs connaissances techniques j’ai encore plus en ce qui concerne leur éthique, car, de fait, dans une mondialisation libérale féroce seul le résultat compte… et la fin justifiant les moyens…
Alors formons, formons !
Mais qui et comment ?
Qui ? La fédé.
Comment ?
C’est bien là que le bât blesse…
Un exemple ?
Celle des entraîneurs de mon club à Anduze dans le département du Gard, pour se former il faut se rendre quasi exclusivement à Toulouse dans le département de la Haute Garonne à plus de 300km, 7 heures de route aller-retour, 100€ de frais plus le coût de la formation.

Si je prends l’exemple de la formation du module M00006 « Planifier et évaluer » (30€ de frais de formation) début de la formation 14h, fin 17h donc :
Départ d’Anduze à 10h00 pause déjeuner vers midi, cours, retour vers 21h00.
Et…pas d’entraînement ce jour-là !
La peine est lourde !
Alors des solutions ?
Oui il y en aurait :
1/ la décentralisation des formations
2/ le tutorat
Ces deux solutions permettraient plus de souplesse dans les contenues (individualisation) et le lieux et horaires de ces formations.
D’après ce que j’avais lu et qui m’avait été expliqué ceci était envisagé…
Envisagé…
Alors, bougeons-nous, dirigeants, entraîneurs, athlètes, parents d’athlètes !
« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire »
Albert Einstein

Bonnes résolutions ?

Ecrit par: Bernard Brun - Le 21 août 2019

« Les bonnes résolutions sont une coutume de la civilisation occidentale qui consiste, à l’occasion du passage à la nouvelle année le 1er janvier, à prendre un ou plusieurs engagements envers soi-même pour améliorer son comportement, une habitude ou son mode de vie durant l’année à venir.Plus globalement, dans la vie de tous les jours, elles font généralement suite à un événement déclencheur ou un besoin présent qui est dur à atteindre. » Wikipédia.
Si j’additionne mon activité d’athlète et celle d’entraîneur cela fait 54 ans que ma rentrée est le 1er septembre, ce qui n’a rien à voir avec la rentrée des classes ou…du gouvernement !
Chaque année j’achète un agenda de septembre à septembre.
Chaque année à cette même date c’est « reparti pour un tour »!
Chaque année je me dis que je vais faire ceci ou cela…
Cette année ?
1/ je continue un an de plus si la santé suit !
2/ je continue à m’occuper du mieux que je le peux des coureuses et des coureurs qui m’accordent leur confiance.
3/ je continue à considérer que le doute doit toujours être présent dans ma conduite de l’entraînement afin de coller au principe de réalité… autrement dit la vie d’un entraîneur n’est pas un long fleuve tranquille !
Et ?
Ne plus m’agacer, ne plus pester, ne plus revendiquer, ne plus communiquer sur les choses qui m’empêchent d’avancer vers mon idéal !
Et ici je suis bien dans le « besoin présent qui est dur à atteindre » !
Bonne année à toutes et à tous !

La dictature de la maigreur

Ecrit par: Bernard Brun - Le 19 août 2019

Voici un article dont je viens de prendre connaissance. Cet article rejoint l’inquiétude que j’ai formulé à plusieurs reprises, et depuis longtemps, sur la chasse aux kilos.

La question est maigrir pourquoi faire?

Quand je lis « s’était vu conseiller de perdre encore 4 à 5 kg pour « voler en montagne » », je suis ulcéré, menteurs !

Quand je lis « la piste de l’hypoglycémie » , comment avoir encore des hypo en 2019 , fumistes!

Que dire des hypo de Bardet?

Que dire des ces coureuses qui n’ont que la peau et les os depuis longtemps déjà?

Que dire de ce coureur local dont la maigreur est manifeste…et ses nombreuses blessures aussi?

Ces éléments me laissent à penser que le sport est entre les mains de clowns qui, en plus, mettent les mains dans la boite à pharmacie!

 

18/08/2019 – cyclisme-dopage.com – Marc Kluszczynski

Coïncidence ou pas, quelques jours après la mort de Bjorg Lambrecht survenue lors de la 3ème étape du Tour de Pologne le 5 août, Janez Brajkovic (Adria Mobil) et Clément Chevrier (ex-AG2R) attiraient l’attention en en évoquant respectivement pour Cyclingnews et La Montagne leur expérience et leur vécu des problèmes alimentaires rencontrés dans la pratique du cyclisme professionnel. Brajkovic, suspendu 10 mois en 2018 pour contrôle positif à la méthylhexanamine (MHA), dévoile ses crises de boulimie, qu’il tentait de calmer par la prise de substitut alimentaire. L’un d’entre eux renfermait de la MHA, ce qui a selon lui conduit à son contrôle positif. Le slovène a bien tenté d’alerter l’UCI, mais celle-ci ferme les yeux sur les pratiques du peloton où règne l’omerta. Clément Chevrier (1,78 m et 60 kg) s’était vu conseiller de perdre encore 4 à 5 kg pour « voler en montagne ». L’ultra-contrôle de son alimentation débouchera sur de l’anorexie mentale. Il cassera ce cycle infernal en s’exilant aux USA.
Selon les deux coureurs, les troubles de la conduite alimentaire sont très répandus dans le peloton. On connaît maintenant les dérives de l’équipe Sky. Pour devenir un coureur de grand tour, Bradley Wiggins a dû perdre plusieurs kilogrammes grâce avec l’aide des corticoïdes. Chris Froome a aussi été impliqué dans une affaire de corticoïdes et sa morphologie fait peur (1,86m et 69 kg), comme bien d’autres. Pour pouvoir participer au tour de France, on sait que ses équipiers devaient perdre 4 à 5 kg en un mois.
Les jeunes qui arrivent connaissent donc la chanson. Le problème n’est pas nouveau mais est exacerbé par le recul du dopage et l’importance donnée aux watts par kg lors des ascensions. La chute de Bjorg Lambrecht (1,68 m et 56 kg) est survenue vers le centième kilomètre d’une étape de 150 km, en pleine ligne droite, légèrement ascendante. Il a soudainement obliqué vers la droite puis est tombé dans le fossé bordant la route où il a malheureusement heurté une passerelle en béton. Officiellement, la cause de sa mort est une hémorragie interne provoquée par une lacération du foie. Mais pourquoi est-il tombé alors qu’aucun autre cycliste n’est impliqué dans sa chute ? Bien que l’on ne connaîtra jamais le compte-rendu officiel de son autopsie, les médecins polonais ont déclaré lors de l’accident que le jeune belge était en hypoglycémie sévère. C’est bizarre pour un professionnel, après 100 kilomètres d’une étape de plat. Lambrecht était-il lui aussi victime d’un trouble de la conduite alimentaire ?
La piste de l’hypoglycémie
Plusieurs traitements peuvent conduire à des hypoglycémies. C’est le cas d’un anti-diabétique, la metformine, agoniste des PPAR-a, orientant le métabolisme vers la ß-oxydation lipidique. Dans l’échelle du pire, on peut aussi invoquer un traitement par un anorexigène, le rimonabant. Commercialisé sous le nom d’Acomplia, il a été retiré du marché en 2008 suite à une augmentation des suicides chez les patients traités. Le rimonabant est encore disponible sur les marchés parallèles ; c’est un médicament très efficace pour la perte de poids et qui agit en bloquant les récepteurs CB 1 cannabinoïdes. Problème, il occasionnait des hypoglycémies, ce qui est le cas aussi de la metformine en association avec d’autres antidiabétiques.
Les hypoglycémies causées par les nouveaux dopants agissant sur les filières énergétiques (S 5.1) sont bien plus dangereuses que les vertiges pouvant survenir avec le Tramadol (opiacé), interdit depuis le 1er mars 2019. Pire, ces médicaments favorisant la filière lipidique inonderaient l’organisme d’acides gras, et l’empêcherait ensuite de bien utiliser les glucides.
Avec la mort de Lambrecht, la série noire continue en Belgique.
L’année dernière, plusieurs jeunes cyclistes belges sont décédés à leur domicile ou en course. Le 5 octobre en soirée, Jimmy Duquennoy (23 ans) de l’équipe WB Aqua protect Veranclassic, est victime d’une attaque cardiaque. Comme toujours les examens cardiaques de pré-saison n’avaient rien montré. Le 8 avril, lors de Paris-Roubaix, Michael Goolaerts (Veranda Willems-Crelan) est victime d’un arrêt cardiaque provoquant sa chute aux alentours du centième kilomètre. Le 18 avril, Jeroen Goeleven, champion du Limbourg du contre-la-montre, est retrouvé mort dans sa chambre.
Daan Myngheer, champion de Belgique junior 2011, est quant à lui décédé le 28 mars 2016 lors du Critérium International. Il faut dire qu’il avait déjà souffert de problèmes cardiaques dès 2014 mais avait reçu le feu vert de son équipe (Veranda Willems en 2015). Antoine Demoitié était décédé la veille lors d’une chute sur Gand-Wevelgem sans qu’on sache si son décès est la conséquence de sa chute ou s’il est dû à une collision ultérieure avec une moto de l’organisation. En 2016 déjà, Gijs Verdick (Cycling Team Jo Piels) était victime de deux infarctus après la troisième étape de la Carpathain Couriers Race en Pologne. Il ne pourra être sauvé.
Ce nombre élevé de morts subites, étonnamment concentrées en Belgique, ne concorde pas avec les statistiques de mort subites d’origine cardiaque chez les jeunes sportifs (1 à 3 pour 30.000). On peut légitimement craindre l’utilisation de nouvelles substances dopantes à toxicité cardiaque élevée. On a déjà évoqué les agonistes des PPAR-d (Peroxisome Proliferator Activated Receptor) classe de médicaments antidiabétiques (glitazones) retirés de la vente suite aux nombres importants d’infarctus du myocarde chez les patients traités mais à la lecture de la liste des substances interdites par l’AMA en 2018 et 2019, on peut aussi mettre en cause une nouvelle classe de produits : les protéines de fusion du récepteur de l’activine de type II b. Contrairement à l’EPO qui agit sur les précurseurs des érythrocytes, ces produits agissent au dernier stade de la maturation des érythrocytes. Ils sont représentés par le luspatercept (ACE-536) et le sotatercept (ACE-011). Ils constituent un traitement de la ß-thalassémie, caractérisée par un faible taux d’hémoglobine fonctionnelle (cette maladie est causée par une anomalie de la synthèse de certaines chaînes de l’hémoglobine). Si le luspatercept apparaît jusqu’à présent bien toléré dans les essais de phase II et III, le sotatercept a montré un risque élevé thromboembolique avec hypertension artérielle.

Cette page a été mise en ligne le 18/08/2019