«Sur les chemins noirs»

Ecrit par : Bernard Brun - Le 11 septembre 2018

«Sur les chemins noirs» est un ouvrage écrit par Sylvain Tesson (auteur de «Dans les forêts de Sibérie» adapté au cinéma). Sylvain Tesson a connu une terrible chute «il avait suffi de huit mètres pour me briser les côtes, les vertèbres, le crâne.». Quatre mois plus tard à la sortie de l’hôpital il s’était dit «Si je m’en sors, je traverse la France à pied», contre l’avis de l’Université qui voulait l’expédier dans un centre de rééducation!
Sylvain choisit de traverser la France du Mercantour au Cotentin en empruntant les zones en France les plus désertes, ce que nos technocrates ont appelé «l’hyper ruralité », il va passer par le Mercantour, Le Ventoux, Le Mont Lozère, l’Aubrac, le Limousin, la Champagne Mancelle, Le Mont Saint Michel et la fin de son voyage au bout du Cotentin, entre le 24 août et le 8 novembre.
Cet homme avait décidé de rester debout malgré tout!
Bel exemple.
En rentrant de Croatie, où j’étais allé assister au championnat du monde de 100km, dans le TGV qui me ramenait vers le midi, j’ai terminé le bouquin de Tesson…mon esprit s’est alors échappé vers d’autres «chemins noirs»…
Celui d’un monde que je côtoie depuis longtemps, celui de l’athlétisme.
Et des «chemins noirs» ce n’est pas ce qui manque!
Que de «déserts» dans notre sport et ici je ne parle d’ultra ruralité je parle d’organisation de notre sport.
Dernièrement j’ai entendu que notre toute fraîche ministre des sports avait signé un bail sans en connaître les «petites lignes», 1600 conseillers en moins, un budget de supérette, et 2024 en ligne de mire! Je sais qu’elle fut une brillante nageuse sur le dos, mais tout de même, je crains qu’elle boive la tasse!
Dans le microcosme alésien j’en vois de belles aussi…
Et ailleurs aussi…
J’observe avec un certain agacement tous ces petits arrangements entre amis, un plat de lentilles, un petit biscuit, et hop on se «couche»! Alors, dans ce cas, comment donner aux athlètes le goût du dépassement?
Et la valeur d’exemple?
De Gaulle un 18 juin était bien esseulé face à la France de la collaboration…
Et nos huguenots cévenols, qui n’étaient pas des surhommes, se sont dressés face au Roi Soleil…
Alors debout que diable!

«Il faut avoir quelques principes fermes. Ils vous aident à tenir debout» Félicien Marceau