Il y a quelques années j’entraînais le jeune Clément Guttiérez qui était à l’époque international junior de courses de montagne. Un jour une douleur a fait son apparition au niveau d’une cheville. Examen classique: rien. En poussant un peu plus loin, avec d’autres examens, une fracture de fatigue a été découverte au niveau du tibia, mais aussi au moins une autre fracture plus ancienne au niveau du péroné.
Verdict du chirurgien le plus renommé d’Alès : SURENTRAINEMENT.
Les parents de Clément sont venus au stade m’annoncer cette mauvaise nouvelle et immédiatement je leur ai dit:
« Ce n’est pas possible, il n’y a pas de surentraînement je sais ce que fait exactement Clément et avec sa charge d’entraînement il ne peut pas y avoir de fracture de fatigue. »
Deux jour après je rencontrais le docteur Frédéric Delalonde de Montpellier, excellent médecin, que je connais depuis fort longtemps et lui relate les faits et immédiatement il me dit:
« C’est pathologique! »
« Qu’est ce que cela veut dire? » lui demandai-je.
« Cela veut dire que ce garçon a un gros problème et il faut aller voir » me dit Frédéric.
Aussitôt dit aussitôt fait , la densitométrie osseuse montra que le jeune Clément avait une décalcification très sérieuse…Un repos total avec une prise médicamenteuse furent prescrit…
Pourquoi je vous raconte cette petite histoire ?
C’est pour dire que la responsabilité de l’ entraîneur est totale dans le maintient de l’intégrité physique de l’entraîné .
C’est pour dire aussi que je suis toujours très vigilant au respect des programmes que j’élabore et ce pour deux raisons:
- Pour le coureur afin qu’il optimise son potentiel
- Pour moi car je ne veux absolument « porter le chapeau » dans le cas où il y a une blessure , car je sais bien que l’on m’en donnerait toute la responsabilité … Dans le cas de Clément je savais bien que ce n’était pas du surentraînement ,mais il m’est arrivé d’arrêter une collaboration avec des coureurs qui eux faisaient ce qu’ils voulaient parce que bien évidemment ils pensaient tout savoir !!!