« Rien de va de soi, rien n’est donné, tout est construit » G. Bachelard

Racismes et calomnies.

Ecrit par : Bernard Brun - Le 15 mars 2011

J’entends de ci de là que j’aurais dit ceci ou bien cela , que je serais ceci ou bien cela…entre autre que je serais raciste !

Foutaises !

Que les choses soient claires d’entrée : je ne connais qu’une race c’est la race humaine.

Par mon éducation, par mes convictions profondes j’exècre tout ce qui touche au racisme et la xénophobie .

Mes lointains ancêtres cévenols se sont fait écharper pour que soit reconnu la liberté de conscience, et que je le veuille ou non j’en suis un héritier et si aujourd’hui encore la Cévennes profonde vote à gauche ce n’est pas un hasard !

De quel « bois » suis je fait ?

Je suis né en 1950.

J’ai appris à marcher à La Grand Combe cité ouvrière s’il en fut !

A l’âge de 3 ans mon père est allé travailler à Saugues en Haute Loire.

A 6 ans j’étais de retour dans mes Cévennes. Je suis allé à l’école publique où mes camarades pour la plupart étaient des petits du coin des Domergue, Maurin, Jullian, puis arrivèrent de petits italiens de Calabre ou d’ailleurs les  Larratta, Mafrici …dont les parents étaient venus poussés par la misère, couper du bois ou maçonner.

A 15 ans je suis rentré au lycée technique à Alès et là mes copains se sont appelés Dhombres, Bresson, Fiori, Oslily, Djakovic, Gimenez, Makloufi…mon horizon s’est étendu.

A cette époque là, quand les « bandes de La Grand Combe » venaient foutre le bazar dans les fêtes des villages, les gugusses bagarreurs qui les composaient avaient des patronymes, comme diraient certains aujourd’hui, « européens » !

A 22 ans j’ai monté une école d’athlé à Alès au stade Delaunes dans la cité des Cévennes (une cité dite  « chaude » aujourd’hui) .

J’entraîne depuis cette époque des coureurs, des Hardy, Balme, Campet, Chazal, Zouihig, Napti, El Asery , Guttierez, Karez, Chiaramonte, Pantel, Aouzelleg, Bedioune, Belin, Delfau, Benkhaled, et bien d’autres que je n’oublie pas, car ils font tous partie de ma vie au même titre : celui d’être humain à qui j’apporte le peu que je sais et qui en retour me donnent un peu d’amitié.

Est-ce si difficile à comprendre ?

Par ailleurs j’ai suivi une éducation religieuse à L’Eglise Réformée De France jusqu’à l’âge de 15ans où j’ai été baptisé et confirmé. Je ne renie rien, et je citerai ici Gaston Deferre qui avait dit à Mitterrand : «Monsieur le Président, je suis protestant et je sais que le seul responsable de ma vie, c’est ma conscience »

Pour mieux me situer quelques anecdotes :

-          Première anecdote.

Cela se passe sur une place proche de l’église derrière laquelle nous logions. Arrive une procession avec ses pénitents, les blancs et les noirs, chants et prières et subitement claque un ordre donné par un des pénitents : « A genoux ! » et là comme un seul homme tout le monde se met à genoux…sauf deux : mon père et moi, moi qui voulait me mettre à genoux , mais mon père m’a dit : « Non ». »

-          Deuxième anecdote.

Mon père était un syndicaliste CGT aux Ponts et Chaussées et il s’est trouvé en conflit avec l’ingénieur du coin qui était aussi le maire de notre village. Conséquence : la « bonne société du village » nous battit froid, j’ai  vu le directeur du collège m’intimer l’ordre d’aller en fond de classe, j’ai connu aussi le silence quand j’allais faire les courses à la boucherie…

-          Troisième anecdote

Deux ans après mon embauche, j’ai monté, avec 3 autres camarades un syndicat CGT. J’ai eu droit à un blocage de promotions pendant plusieurs années…

Mes parents m’ont montré la voie et je l’ai suivi et je ne la quitterai jamais . Jamais !

Je sais d’où je viens et je sais bien qu’il faut résister, toujours et tout le temps car nous ne sommes définitivement pas dans un monde de « bisounours » !

En ce siècle où l’on nous prend nous les petites gens (la France d’en bas de Raffarin) pour des cons, il faudrait un peu que l’on se réveille !

Les grands de ce monde, acharnés qu’ils sont à vouloir toujours plus de pognons, ont trouvé une solution pour annihiler notre esprit de révolte : nous faire nous taper les uns sur les autres !

Du temps de mes grands parents le pire c’était « les boches »…

Du temps de mes parents qui ont vécu la 2ème guerre le pire c’était aussi  les allemands…

Depuis un de mes plus proches voisins est Allemand…

Aujourd’hui le pire ce sont les étrangers, tous les étrangers…

Camarade , je sais que cela fait désuet mais c’est « signifiant »  ( « c’est un joli nom camarade, c’est un joli nom tu sais » Jean Ferrat ) , que tu t’appelles Domergue,  Fernandez,  Makloufi,  N’Guyen, ou que sais- je encore, n’oublie pas que nous sommes de la même « race » celle qui se fait entuber à longueurs de jours, d ’années, de siècles : ouvre les yeux et n’écoute pas le chant des sirènes surtout si elle te file un peu de pognon : c’est pour mieux te tenir !

Les réseaux « dits sociaux » permettent l’expression écrite de ce qui auparavant était dit dans « les cafés du commerce », doit on s’en réjouir ? Je ne le pense pas.

Quand j’apprends dans Facebook que  j’ai été traité de raciste parce que à priori, si j’ai bien compris, j’aurais présenté un avis qui ne plaisait pas à un « ami »  d’une origine géographique différente de la mienne les bras m’en tombent !

Donc si Domergue et Jullian ne sont pas d’accord sur un sujet, c’est…qu’ils ne sont pas d’accord !

Par contre si Domergue n’est pas d’accord avec, par exemple, Zidane c’est…du racisme !

Et merde !

Mon « papé » , le père de ma mère était né en 1875 dans son  mas  où il est mort 95 ans après. Il a vécu comme tous les paysans du coin en quasi autarcie…mais en 1916 en tant que réserviste il s’est retrouvé brancardier à Verdun et  là il a vécu l’horreur…il en parlait souvent…

Je l’ai vu sur la fin de sa vie lire La Marseillaise ( journal communiste ) le matin , car dans les tranchées il avait adhéré à ces idées, et le soir il lisait la Bible car il était protestant, profondément croyant, ce n’était pas un grand écart pour lui bien au contraire !

Et quand mon « papé » se trouvait confronté à une situation où il n’avait plus de mots pour exprimer quoi que ce soit il laissait échapper : « La bêtise humaine » Oui mon papé tu avais bien tout dit !

Maintenant c’est  le pourquoi qui m’interroge…

Pourquoi suis-je calomniée ? Pourquoi cette « bêtise humaine » ?

Je me perds en conjecture… Peut-être y-a-t-il finalement des personnes qui ne sont pas très « heureuses » dans leur vie, un peu « aigries », un peu « jalouses » …et comme il est dit dans la Bible : Évangile de Luc, 6, 41 : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil à toi !… »

Je serais tenté de leur pardonner au nom de la « bêtise humaine » , mais je ne suis qu’un être humain…

Et puis quand bien même je saurais le pourquoi de ces calomnies, qu’est ce que cela changerait ?

Comme dit ma fille :

« Ça explique mais cela n’excuse pas. »

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