Histoire : La séance « pantel »

Ecrit par : Bernard Brun - Le 23 septembre 2010

J’ai créé cette séance en 1988.  Pourquoi ?

Je savais, pour l’avoir vécu, qu’ une compétition n’est quasiment jamais une course à allure régulière, il y a des moments où les nécessités tactiques et techniques demandent au coureur un effort supplémentaire qui lui demande de « rentrer dans le rouge » mais pour cela il faut que le coureur soit prêt.

Dans l’histoire de la course à pied, on a vu par exemple un Zatopek littéralement briser les autres coureurs par des changements de rythmes, et cela ne date pas d’hier !

Ce que l’on proposait ( et que l’on propose toujours…) ce sont des fractions courues à allure régulière,  au tempo du chrono recherché,  par exemple 6 x1000m en 2’57″ pour un 5000 en 15′ les récup étant de l’ordre de 3′ , or cela ne marche pas très bien…

En 1976,  au JO,  j’ai vu Lasse Viren adopter une tactique nouvelle pour moi, une accélération non pas dans le dernier 500m mais dans le dernier kilo. Cette manière de courir est très intéressante pour les coureurs qui ne sont pas des purs finisseurs. C’était le cas de Thierry Pantel.

J’ai donc réfléchi au contenu de cette séance . Il fallait que dans la séance il y ait des variations de vitesse tout en ayant une base qualité / quantité suffisante:

-avec le 1000m j’avais un temps de soutien suffisant

-avec le 500m j’avais une vitesse intéressante

Maintenant il fallait jouer sur la qualité de l’exercice et c’est par le biais des temps de récupération que je suis arrivé à une solution:

-avec une récup courte entre le 1000 et le 500, 1’30″ donc récupération incomplète

-avec une récup longue entre les blocs, 4′ donc récupération nécessaire et suffisante à la poursuite de la séance

Et puis j’ai expérimenté…j’ai obtenu des résultats avec Thierry Pantel certes,  mais aussi depuis plus de 20 ans avec bien d’autres coureurs et coureuses.

Bien sur,  ce n’était pas la première fois que l’on programmait des enchaînements de 1000 et de 500 dans une séance, mais pas comme je le préconise…

Raymond Chanon m’a dit à l’époque,  quand il a constaté que cette séance présentait un  intérêt certain :

« Bernard il faut que tu valides cette séance , sinon cela restera un truc d’entraîneur »

Il avait bien raison l’ami Raymond ! Mais pour valider cette séance il m’aurait fallu des moyens…que je ne possédais pas (prise lactates entre autre…) . Et la fédé peut- être me direz vous ? No comment … Je ne suis pas un génie et pas grand monde l’est, mais je trouve désolant que les expériences acquises sur le terrain soient jetées aux oubliettes, on reste campé sur une connaissance bibliographique que l’on répète à l’envie…tant pis !

En octobre de l’année dernière,  j’ ai rencontré le Président et le DTN  de la FFA pour leur apporter le témoignage d’un entraîneur de base, comme je le dis et le pense,  « 5ème roue de la charrette » . J’ai été écouté courtoisement mais de là à être entendu il y avait un pas ! Je comprends bien que l’objectif ce soit Londres , mais je suis sur aussi que les générations spontanées cela n’existe pas et que sans le travail des 5ème roue de la charrette il n’y aurait rien…tant pis !

Cela fait maintenant un bon moment que j’use mes chaussures sur les stades , sur les routes , dans les cross et aussi dans des réunions (Ah les réunions !) , je pourrais être bardé de médailles mais j’ai toujours dit:

« Je ne veux pas de médailles,  je veux les moyens pour pouvoir entraîner comme il faut »

Et bien,  je n’ai JAMAIS eu les moyens et je n’aurai pas les médailles  (dont je me contrefous !)…tant pis !

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