Entraînement: de « l’empirisme » au « scientifique »

Ecrit par : Bernard Brun - Le 07 mai 2014

Quand j’ai commencé à courir en 1965, j’avais 15 ans, j’ai bénéficié des conseils éclairés d’un entraîneur de sprint et de sauts, ce qui était très bien pour deux raisons:
-il était là
-j’ai eu de bonnes bases techniques
En ce qui concerne les méthodes d’entraînements il n’y en avait pas, seule la lecture du Miroir de L’Athlétisme me donnait de temps à autre quelques bribes d’info.
Alors je faisais comme tout le monde j’essayais de savoir ce que faisaient à l’entraînement les meilleurs du coin.
En fait des recettes! A chacun sa cuisine et à chacun ses mensonges!
Je m’entraînais peu, 3 fois par semaine et j’ai réalisé 1’58″5 au 800m et 4’08″ sur 1500m, puis je suis monté à 4 entraînements par semaine à la première année senior 4’04″ et 15’22 sur 5000m , mon volume hebdomadaire se situait à environ 30/35km.
Empirisme…
J’ai eu la chance de faire mon service militaire au Bataillon de Joinville. J’ai pu ainsi profiter dans nos sorties à l’INS des polycopies du service info.
J’ai vu alors que tout se faisait : tout et son contraire sur la planète, les 100X400 de Emil Zatopek, les collines de Herb Helliot, le fractionné de Bob Schull, sans oublier l’interval-training de Gerscher et Reindell, le mythique Volodalen, et le grand Lydiard!
…Au bataillon c’était 140 bornes à 12km/h par semaine la méthode Desson…
Un échec total pour moi, je n’avançais plus. Ma vitesse? De 11″6 et 23″7 je suis passé à 12″5 et 25″! Et, ce qui est plus problématique, sans être plus performant sur du long.
Scientifique alors?
Non!
Cela n’allait pas!
A partir de 1977 j’ai travaillé en tant qu’entraîneur avec Raymond Chanon. Quelle rencontre! Humaine d’abord. Il fut un ami très cher et bien qu’il soit mort depuis bien longtemps je pense souvent à lui…Raymond par sa rigueur , par sa curiosité, pas sa force de travail m’a permis de comprendre, d’assimiler ce qu’était le VO2 Max et ce qui était très intéressant pour nous la VMA. La création du CAT-test a permis à une foultitude de coureurs de réaliser des programmes d’entraînements cohérents( avec des allures de course bien définies) qui ont permis à coup sur de réussir là où c’était difficile voire impossible.
Scientifique alors?
Oui sans aucun doute!
Mon expérimentation dure maintenant depuis 30 ans, et ce que je puis affirmer c’est que « ça marche ».
Ma rigueur est maximale dans l’élaboration des plans que je fournis. Je sais bien qu’il y a des zones d’ombres, des trucs et des bidules que l’on ne peut pas expliquer, mais si j’adopte la loi de « l’approximation suffisante », qui n’est pas un empirisme, ce n’est jamais au grand jamais l’occasion de faire n’importe quoi!
Ce qui me navre aujourd’hui c’est que je peux lire ici ou la des âneries d’un autre âge sur l’entraînement!
Les mots ne veulent plus rien dire!
Retour à l’empirisme?
Je le crains..

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