• Barcelone-La Grande Motte : le grand écart

    Dimanche dernier nous étions sur deux fronts:

    Eugénie était à Barcelone pour un marathon.

    Éliane et Sébastien à La Grande Motte pour un semi.

    Éliane et Sébastien ont, comme je leur ai dit,  « optimisé leur entraînement ».

    Une 4ème place pour tout les deux en 1h14′08 pour Sébastien et 1′27′39″  pour Éliane (2ème senior).

    Ils vont maintenant préparer tranquillement le marathon de Paris où je suis persuadé qu’ils vont bien se régaler!

    Pour Eugénie Barcelone restera un mauvais souvenir…

    Chrono pas satisfaisant.

    Pourquoi cette non performance, car c’est toujours la question qu’il convient de se poser après une compétition (et d’ailleurs y compris si c’est une réussite !)?

    Deux points :

    1/ Il faisait chaud à Barcelone! Trop chaud ! L’écart entre les températures de Chanac cet hiver et celle de Barcelone dimanche il y a un monde: au bas mot 20° ! Sur un dix bornes cela se « gère », comme on dit aujourd’hui, mais dans un marathon jamais!

    2/ L’entraînement d’Eugénie. Cela fait quelques mois  que j’ai pris la responsabilité de son entraînement et ces derniers temps je lui ai demandé beaucoup. J’ai introduis des exercices de base à exécuter trois fois par semaine, j’ai mis en place de la VMA et du travail au Seuil, je lui ai demandé d’aller à l’entraînement huit fois par semaine ce qui est beaucoup avec le boulot, les enfants et toutiquanti…

    Mais on n’a rien sans rien, c’est la dure loi de la vie et de la course à pied.

    Eugénie va s’adapter.

    Maintenant se profile le 100km de Bélvès qui a lieu le 16 avril.

    L’entraînement va changer. Eugénie va retrouver ce qu’elle sait bien faire à l’entraînement et les efforts consentis ces derniers temps  vont jouer leur rôle.

    La vie est ainsi faite si il y a quelque part un petit orage ailleurs il fait un grand soleil !

     Ecrit le 10 mars 2011 dans la catégorie  Résultats

  • ONESTA les pieds sur terre !

    «Bien sûr qu’il y a un danger.

    Moi, je n’ai pas envie de finir dans Gala mais je suis persuadé que la plupart de mes joueurs si, ou alors, au moins leurs femmes.

    Sauf que notre force, notre véritable valeur ajoutée, notre notoriété vient justement du fait qu’on n’est pas dans Gala. Qu’on est performants en étant des gens normaux.

    On a vu chez les autres tout ce que ça a pu générer de stupidité, d’indécence et on a pourtant tendance à vouloir les rejoindre dans tout ce qui est affichage, rémunération, notoriété, publicité.

    En faisant ça, on risque de perdre ce qui faisait notre singularité».

    Claude Onesta

     Ecrit le 10 mars 2011 dans la catégorie  Les articles

  • Pierrot Pantel : c’est l’histoire d’un mec…

    Pierrot Pantel : c’est l’histoire d’un mec…

    Pierrot Pantel a-t-il un avenir en course à pied ?

    Je connais Pierrot depuis le 15 janvier 1986 le jour même de sa naissance à Marignane.

    Ce petit garçon plein de vie fut d’abord un bébé grassouillet,  ce qui est difficile à croire quand on le voit aujourd’hui ! Ce n’est qu’ensuite qu’il devint le garçon longiligne que nous connaissons.

    Il  a couru presque avant de savoir marcher et depuis ne s’est jamais arrêté.

    Dans les petites catégories, il participait aux triathlons du coin. Il avait deux points forts le 1000m et …le lancer de balle ! Son plus grand adversaire fut à l’époque Michael Diaz !

    Très jeune, ses dispositions pour la course à pied de durée étaient évidentes. Par contre Pierrot est un garçon je dirais « à croissance lente »…pour mémoire il présentait vers l’âge de 10 ans un retard de croissance de l’ordre de deux ans…il fallait donc lui laisser le temps.

    En 2008 la veille du France de cross d’Aix les Bains je disais à Jean Jacques Behm que Pierrot avait, sommes toutes,  plus de qualités que son père Thierry Pantel : très fort dans le système aérobie mais aussi dans les qualités musculaires et de coordination, et pour étayer mon propos je lui confiais :

    « En 2003, en cadet II, Pierrot a souffert d’une mononucléose découverte au France de cross et je l’ai mis au repos. Pour s’amuser, il a fait un peu de triple saut et il a réalisé 13m69 devant moi avec une planche à 40cm en juin 2003 (le 21/6 à Vergèze pour être précis !) et il s’est qualifié pour les France jeune ! »

    Les résultats dans les compétitions nationales étaient corrects sans plus…

    En 2005 les choses commencèrent à venir : Champion de France du 10km à Dax et international  sur route et ensuite en décembre international junior au Europe de cross.

    En 2007 Champion de France de cross espoir, puis 29’57’’07 à Marseille sur 10000m et international   Europe espoir, International Europe de cross espoir.

    Tout allait bien !

    Mais voilà , Pierrot a décidé d’assurer son avenir professionnel et  cela ne va pas, mais pas du tout, avec le « haut niveau »…

    Trois jours après son titre de champion de France de cross espoir, Pierrot est allé à Rungis parmi   4000 candidats passer un concours pour rentrer dans le Ministère de l’environnement .

    Un mois après, ils n’étaient plus que 180 admissibles. A nouveau direction Rungis pour deux nouvelles épreuves.

    A la mi juillet : oral et sport, juste avant son départ pour le championnat d’Europe de Débrecem.

    Résultat : reçu 4ème sur 4000 ! Chapeau l’artiste ! Le moins diplômé et le plus jeune !

    En septembre 2007 : début de la formation à côté d’Amiens dans un lieu retiré et  je le sais bien car j’y suis allé afin de repérer des parcours.

    Et c’est ici que commencèrent les ennuis.

    Nous avons contacté à la FFA M. Vincent Clarico responsable à l’époque du suivi socio professionnel pour savoir si  Pierrot pouvait bénéficier d’aménagements  d’horaires , réponse : « je ne peux rien faire. »

    Pierrot par le fait même qu’il pratiquait la course à pied (levé le matin avant tout le monde, entraînement à l’heure de l’apéro , etc.) lui  a valu des reproches de la hiérarchie.

    Plus tard, il fut même contraint de faire un stage complémentaire de 6 mois afin de savoir si Pierrot , sportif de haut niveau, était vraiment motivé par son emploi ! Plus tard on lui demanda  si son entraînement n’allait pas « perturber le service » !

    On croit rêver , mais c’était bel et bien un cauchemar !

    Pourtant Pierrot s’est battu, il a frappé à toutes les portes :

    FFA

    Ministère des sports

    L’Elysée

    Résultat : rien , nada, zéro: « circulez on ne peut rien pour vous » !!!

    Le statut de sportif de haut niveau n’existe pas ! On pouvait penser qu’en France on facilitait la vie des gens qui s’investissaient dans le sport,  or,  de fait nous avons  assisté  à une discrimination négative à l’encontre de Pierrot.

    Et que dire du sentiment d’abandon ressenti par Pierrot pendant  cette période…

    Peu de soutiens si ce n’est:

    -La Région par l’intermédiaire de l ‘association Shappers pendant quelque mois…

    -Le sénateur Jacques Blanc qui est intervenu auprès de M Borloo…

    Et c’est tout ! Rien de la part de son club d’alors , rien de la municipalité de la ville.

    Rien, même pas un coup de fil de son club…Rien ! Nul n’est prophète en son pays !

    Bien sur que Pierrot a eu totalement raison de choisir cette voie plutôt que de choisir de vivre d’expédients  (contrats précaires, contrats aidées , CDD de-ci de-là ,etc.).

    Une question reste posée : y-a-t-il de la place pour le mérite dans notre société aujourd’hui ? Est que les modèles que l’on nous propose tous les jours de la part de systèmes oligarchiques sont à même de donner à notre jeunesse de véritables perspectives d’avenir ? J’ai des doutes…

    Pour couronner le tout, à partir de janvier 2008, Pierrot commença à souffrir de tensions aux ischiosjambiers dues aux très mauvaises conditions d’entraînement et de vie quotidienne qui se transformèrent petit à petit en douleurs de plus en plus difficiles à maîtriser…

    Au championnat de France de Cross D’Aix les Bains Pierrot courut sous anti-inflammatoires…

    En octobre 2009 à Montpellier, c’était un vendredi , j’ai rencontré le Président B. Amsallem et le Directeur Technique G.Yalouz pour tout autre chose ( la destiné de l’entraîneur de base dans le monde fédéral…) et ils m’ont parlé de Pierrot…Pierrot leur avait adressé une longue lettre où il relatait toutes ses épreuves et le Président et le Directeur  semblaient très impressionnés par ce courrier.

    Le Président m’a dit : « Je souhaiterais avoir beaucoup de Pierrot Pantel…car des athlètes formés c’est rare. »

    Le Président et le Directeur m’ont demandé dès le lundi suivant de contacter Frank Bouchetal le remplaçant de Clarico et de lui parler de Pierrot.

    Ce que je fis mais je me suis fait envoyer « sur les roses » :

    « Ce n’est pas vous que je veux avoir mais Pierrot Pantel »

    Bien la peine que je me tape une visite à Montpellier… j’étais bien effectivement la 5ème roue de la charrette ce que je dénonce depuis des lustres en ce qui concerne la place de l’entraîneur ! Pierrot a appelé et a eu la sensation pénible de tout revivre une fois de plus : « je ne peux rien pour toi »…

    Est ce que la roue tournera un jour ?

    En ce qui me concerne, je suis convaincu qu’un jour on verra du grand Pierrot et je souhaite être là pour jubiler en silence , parce que tout de même dans la vie il y des choses qui ne se font pas et encore moins dans le sport !

     Ecrit le 4 mars 2011 dans la catégorie  Les articles