Après un gros coup de fatigue au début mois de janvier, notre Zahir c’est « refait la cerise ». Dimanche il a effectué un court déplacement dans la « banlieue » alésienne dans un petit village situé au pied du Mont Bouquet, célèbre non pas par son altitude mais par une rampe très pentue connue de tous les cyclistes du coin et par son…relais de télévision !
La campagne était belle et le temps aussi.
Zahir a terminé 24ème de la course et 8 ème VI et il était très satisfait de sa performance, première étape dans sa préparation pour le semi du 1er mai de Nîmes.
« Bernard j’ai mal ici »
Bien souvent le « mal » est derrière: bas du dos , fesse, derrière la cuisse et parfois jusqu’au bas de la jambe.
Comme dirait Gaspard mon petit fils « kèssequesé »?
Par expérience ( je rappelle que je ne suis pas médecin et ne parle donc que par expérience!) c’est souvent lié au sciatique.
Christian Bénésis qui est médecin, et un sacré bon médecin, m’avait expliqué le pourquoi et le comment de ce « kèssequesé » , il m’avait aussi dit l’importance première de l’examen clinique qui se suffit à lui même pour établir un diagnostic.
Alors que faire quand on mal « ici ».
On consulte!
Qui?
Un médecin bien sur (et qui s’y connait)!
Ou/Et Kiné, Ostéo, acupuncteur… tous bons bien évidemment!
Dans tous les cas ne pas rester avec ça, car à tous les coups, je dis bien à tous les coups cela va mal tourner.
Si, et je ne souhaite à personne, le phénomène perdure re-consulter afin de savoir ce qu’il y a car il peut y avoir un problème caché…
Ainsi en 1993 quand Thierry Pantel a commencé à avoir des problèmes musculaires (micro déchirures aux mollets et tension permanente aux ischios) nous avons vu et cru un bon nombre de gens tous très gentils mais tous pas compétents, essentiellement parce qu’il étaient tous persuadés de « savoir »…
Il a fallu que Denis Riché me présente un médecin, qui n’était pas français, pour que enfin en 1997 nous sachions ce dont souffrait Thierry.
Ne vivez pas 4 ans de galère!
Quatre ans c’est long, très long, et beaucoup trop long si vous êtes de « haut niveau »…les « amis » du haut niveau on ne les garde que quelques mois: « sont pas patients les enfoirés »!!!
Elles sont parties en Corse et elles ont été toutes très bonnes!
Elles sont toutes qualifiées pour le France de cross.
Notre petite Mathilde revient à grands pas vers une bonne forme physique, elle le sent, et, donc elle court mieux.CQFD ! La confiance, qui était en déficit, arrive peu à peu. Mathilde ne croit pas qu’elle a du talent et c’est un monde quand on sait qu’elle a couru le 3000m en 10′08″ en cadette ! Elle est championne inter régionale espoir pour sa première année dans cette catégorie. Au France elle va pour la première fois se taper 7 km de cross, mais c’est une endurante qui a couru le 10km en junior 1 en 36′49″.
Notre vétérane Lahouaria en délicatesse avec son sciatique, n’a pris aucun risque dans les descentes, car son ischio lui faisait mal, elle a assuré une 7ème place dans sa catégorie. Elle sera bien mieux au France.
Notre Eliane a fait ce qu’elle sait faire à tous les coups: donner son maximum: Quelle bagarreuse … on ne s’en douterait pas comme ça à priori !
Notre Marion après un bon départ, a vu ressurgir une douleur qui ressemble fort à ce dont souffre Lahouaria, elle a été obligée de baisser le pied…mais elle sera elle aussi au France et elle se sera préparée ici dans son pays !
Sébastien a dépanné l’équipe senior de l’ACA, et ce ne fut pas facile pour lui, mais il a fait ce qu’il a pu…pourtant il n’était pas du tout dans la meilleure condition physique. Bravo à toi Séb !
Maintenant:
Ce soir séance au stade sur des 1000m.
Samedi après midi au Rouret grosse séance spécifique cross.
Mardi soir une petite séance courte et tonique.
Et puis on va attendre tranquillement dimanche !
Avec Karine nous serons à Paray Le Monial pour encourager notre équipe d’amis et Pierrot qui a couru un inter très positif à 15 jours des France…
Dimanche dans l’Ile de Beauté « mes » quatre mousquetaires vont aller en découdre avec les meilleures filles de l’inter région.
Je ne serai pas avec elles car je n’ai pas les moyens financiers de me payer un week-end en Corse.
J’attendrai avec impatience le coup de fil libérateur qui me donnera leur résultat.
Je sais que Eliane fera le maximum, même si elle n’a pas pu réaliser l’entraînement qu’elle aurait souhaité.
Je sais que Marion qui fait des acrobaties pour en être (pas facile un déplacement en Corse!) donnera tout ce qu’elle pourra.
Je sais que Lahouaria en vétérane sera dans le haut du classement.
Je sais que Mathilde qui vient d’enchaîner quelques entraînements encourageants sera bien et chez les espoirs peut croire en ses chances.
Allez les filles, haut les cœurs!
PS: j’écris « mes »…les guillemets c’est pour bien exprimer, contrairement à une expression couramment utilisée, que les coureurs ne m’appartiennent pas…ils s’appartiennent, mon rôle est tout modestement de les accompagner.
En tant qu’entraîneur je suis le témoin privilégié des multiples soucis que rencontrent les coureurs.
Je répertorie trois types de soucis:
1 – Les plus fréquents : les problèmes de muscles et de tendons. Depuis quelque temps quand je vais « roder » sur Facebook je vois bien que ces blessures pourrissent carrément la vie de bien des coureurs.
2 - Ceux dont on ne parle pas : si les coureurs peuvent sans aucun problème s’étendrent longuement sur leurs pépins musculo- articulo- tendineux, ils sont beaucoup moins prolixes sur leurs maladies ORL -dentéro -digestives : ils traitent cela par le mépris ! Combien de fois ai-je entendu et lu « J’ai attrapé la crève , je vais aller faire un bon footing et cela va la tuer ! » Mais ce n’est pas comme cela que ça marche.
3 – Ceux que l’on occulte : tout ce qui a trait à l’intime en fait… Et ici le sujet est vaste. On peut les classer dans deux grands domaines:
- le domaine qui est vraiment tout au fond de nous, notre personnalité, nos émotions, ce qui va peut être à un moment donné (et forcément jamais au bon moment!) engendrer une baisse du niveau de performance
- le domaine de la confrontation « aux autres » , collègues de travail, « chef » , conjoint-enfant-parents, bref tout le bazar de ce que l’on est « obligé » de supporter.
Tout cela me peine profondément car la pratique de la course à pied est la source de grandes joies !
Mais pour cela il faut que les coureurs acceptent une bonne fois pour toutes de prendre soin d’eux.
Comment?
En étant rigoureux dans leur démarche, voire intransigeant.
1 – J’identifie : J’ai mal , je suis malade , je suis pas bien dans ma peau, etc.
2 – Je consulte rapidement (24h maxi) mon médecin que j’ai choisi au préalable parce qu’il est compétent (ici je ne fais le procès de personne mais le domaine du sport demande un médecin qui connait le sport.)
3 – Je respecte scrupuleusement la prescription de mon médecin (pas de reprise anticipée…)
4 – Évidemment s’il y a un entraîneur je le tiens au courant
Quand je fais le bilan de ma carrière d’entraîneur finalement je n’ ai pas rencontré beaucoup de pépins… mais peut être est – ce du au fait que je prête une très grande attention à la notion d’assimilation maximale de l’entraînement.
Ceci n’empêche pas moins que quand il y a « pépin » , j’ai su créer une équipe de spécialistes qui reçoivent très rapidement le coureur, cela ne règle pas tout, mais cela réduit considérablement le « sur-accident ».
Alors, coureurs, je ne vous supplierai pas, car finalement si cela vous amuse d’être « mal foutus » c’est bien votre droit et tant pis pour vous !!!