• Souvenirs : Le CAT Test

    1/ L’ignorance

    J’ai débuté la course à pied en octobre 1965 à mon entrée au lycée D’Alès.  Je m’entraînais 2 fois par semaine, il n’y avait aucune méthode particulière d’entraînement , je réalisais néanmoins 2′37″6/10 sur 1000m en cadet 1′58″5 sur 800 en junior 1. En junior 2 je passais à 3 entraînements par semaine et réalisais 4′5″8/10 sur 1500m toujours sans méthode d’entraînement. L’ année d’après je passais en senior (la catégorie espoir n’existant pas) à 5 entraînements et courais le 1500m en 4′4″3/10 le 3000m en 8′48″8/10 et 15′22″ au 5000…toujours sans méthode d’entraînement.

    En 1974 , je crée le club d’athlétisme d’Alès et en devient dirigeant et entraîneur .

    Entraîner oui mais comment ?  Les seuls éléments que je possédais étaient ce que je lisais dans feu Le Miroir De L’Athlétisme où un certain Raymond Chanon livrait aux lecteurs des analyses toujours très fouillées.

    En 1976,  je fis sa rencontre car il était devenu le conseiller technique départemental  de l’ athlétisme du Gard.

    Ici commença une aventure qui n’est pas terminée à ce jour bien que mon ami Raymond nous ait quitté il y a déjà quelques années…

    2/ La recherche

    Il fallait donc sortir de l’empirisme. A cette époque là on se posait beaucoup de questions sur le fameux VO2 max, sur Astrand, etc…oui mais comment faire ?

    Je rappelle que dans ces années,  si l’on voulait tester un coureur il n’y avait que le recours aux blouses blanches des laboratoires (et encore très souvent on n’avait droit qu’à une bicyclette !) . Et puis les résultats étaient parfois ébouriffants , on a ainsi prêté à Pascal Debacker (très bon coureur de 3000m steeple) une VO2 max de 100 !

    Mais sur le terrain comment faire ?

    Le test de Cooper ne convenait pas, le navette de Léger , le Conconi non plus…le TPUM toujours de Léger demandait lui un vélo spécial, un magnétophone étalonné , une cassette pré enregistrée : bref pas accessible au plus grand nombre.

    3/ La réponse

    Raymond a cogité et ainsi est né le CAT Test.

    Il se déroule en 3 paliers  (1er palier allure footing, 2ème palier allure moyenne , le 3ème lui était couru à pleine vitesse) mais en ce qui me concerne je me suis orienté très vite vers ce que l’on a appelé le CAT test simplifié dans lequel on ne fait que le 3ème palier.

    Ce test je l’ai fait faire je ne sais pas combien de fois, notamment dans les stages que j’ai organisé un temps à Bugeat…

    Ce test n’a pas la prétention d’être un test pointu où l’on va chercher la finesse d’analyse du labo ( pour cela il faut aller voir Véronique Billat !) , non c’est un outil simple que l’on peut mettre en place n’importe où  dans le monde il suffit de posséder 2 choses :

    - une distance étalonnée (piste évidemment, mais aussi route et chemin)

    - un chrono

    Autre chose de très, très intéressant c’est que l’on obtient un test dans un état stable qui est obtenu après 4 minutes  d’effort ,  ce qui n’est pas le cas des tests à paliers courts (ou dit hélicoïdal ou en spirale…). Et puis je trouve quand même que obliger des coureurs à obéir à des bips, voire même à suivre un vélo ne les grandit pas, mais je reconnais que le Vameval permet de passer beaucoup de coureurs d’un seul coup, mais franchement les entraîneurs ont donc tant de coureurs que cela à tester ?

    4/ La discussion

    Pendant quelques années,  j’ai répondu dans VO2 Magazine aux questions des lecteurs et  j’ai eu des questions sur les tests et leur utilisation. Dans la plupart des cas ,  l’écueil était dans la surévaluation de la VMA et à mon avis cette surévaluation était due :

    -dans le cas dans un test sur tapis au non respect du protocole de l’INSEP (pas de pente au tapis).

    -dans le cas des tests à paliers court à une vitesse terminale surestimée (d’autant plus que le coureur suit un vélo!)

    Raymond m’avait raconté qu’il y avait eu à Toulouse (il y a peut être 25 ans…) un test comparatif entre le CAT Test et le test de Gacon en présence de Luc Léger. A la fin du test une prise de lactate était réalisée. Or que releva-t-on ?

    Une acidose beaucoup plus élevée dans le cas du Test de Gacon, et , Luc Léger de commenter :

    « A un tel niveau d’acidose nous ne sommes plus dans de la puissance maximale aérobie » autrement dit la VMA en question était déjà plus de la capacité anaérobie lactique…Dont acte…

    C’est bien pour cela que l’on ne peut pas prendre le résultat d’un test donné et élaborer un programme avec les bases d’un autre test.

    Ce que je peux affirmer c’est que avec le CAT test comme base :

    - le seuil anaérobie se situe entre 88 et 92% (jusqu’à 95% !) en moyenne de la VMA

    - la vitesse marathon se situe bien à environ 85% de la VMA

    Je peux aussi donner quelques exemples:

    Thierry Pantel

    CAT test 8′06″ sur 3000m :

    VMA Chrono objectif sur 1000m 2′42″, sur 500m 1′18″, sur 400m 62″

    SEUIL Anaérobie jusqu’à 95% de la VMA

    Record sur 10000m 27″31″16 soit 98% de sa VMA

    Pierrot Pantel

    CAT Test 8′40″ en 2007

    VMA Chrono objectif sur 1000m 2′53″, sur 500m 1′23″, sur 400m 65″

    Record 29′57″ soit 96%  de sa VMA

    Pascal Campet

    CAT Test 8′45″

    A couru un semi en 1h04′12″‘ soit 95% de sa VMA ,un marathon en 2h19′16″ soit 88% de sa VMA (et il aurait pu faire dans de bonnes conditions moins de 2h17′ soit près de 90% de sa VMA).

    5/ Conclusion

    Comme je me tue à le dire , je n’ai pas la science infuse, mais ce que je sais je l’ai trouvé sur le terrain.

    Raymond m’ a rapporté que Luc Léger, encore lui, a dit à peu prés cela :

    « Il y a deux réalités scientifiques , celle incontestable des laboratoires et puis aussi celle des hommes de terrains… »

    Oui,  je pense que c’est vrai ! J’ai ainsi pu échanger avec le professeur Daniel Rivière de Toulouse et bien que nous soyons  issus de  milieux oh combien différents, quand nous parlions entraînement nous parlions de la même chose…

     Ecrit le 27 septembre 2010 dans la catégorie  Les articles

  • Attention aux rhumes !

    Hé oui c’est reparti pour un tour ! L’automne arrive avec son lot de petits soucis !

    Ah le rhume d’automne aussi célèbre que son cousin du printemps !

    Bon..2 rappels :

    1/ Il fait plus frais donc…on se couvre… c’est bête hein ?! On se couvre dès que l’on a fini son entraînement TOUT- DE -SUITE…cela n’empêche pas de tchatcher APRÈS ! OK  ?!

    2/Un rhume n’est rien, mais ATTENTION cela peut tourner mal avec la cousine rhinopharyngite et là on n’est plus dans la même configuration: faites – vous soigner ! Un rappel:  certains médicaments que l’on trouve en pharmacie sont interdits aux sportifs,  faites gaffe en cas de contrôles vous êtes bon comme la romaine !

    Bon automne quand même, c’est une saison merveilleuse pour s’entraîner !

     Ecrit le 26 septembre 2010 dans la catégorie  Les articles

  • Marion Barlaguet était à Paris Versailles

    Marion s’est payée une grande classique !

    Elle s’est régalée en 1h13′44″.

    L’objectif est donc atteint !

     Ecrit le 26 septembre 2010 dans la catégorie  Résultats

  • Eugénie Monteil gagne le marathon de Millau

    Eugénie est en pleine préparation du championnat du monde de 100km qui aura lieu à Gibraltar le 7 novembre…cela ne l’a pas empêchée d’aller faire un petit tour à Millau mais seulement sur le marathon, le 100km lui étant interdit par l’encadrement de L’équipe de France.

    En 3h25 elle a pu vérifier que sa condition physique était bonne!

    Bravo !

     Ecrit le 26 septembre 2010 dans la catégorie  Résultats

  • Souvenirs: Pascal Depret

    Je viens de lire dans Run In Live l’article sur Paris Versailles et il est écrit:

    Depret signera en 1991 la dernière victoire d’un Tricolore dans la ville royale.

    Cette petite phrase me fait remonter en mémoire la courte collaboration que j’ai connu avec Pascal. Elle a commencé à l’automne 1990 à l’instigation de Antoine Ellul (aujourd’hui disparu) de Marignane.

    Il m’a amené Pascal chez moi…Pascal était en pleine dérive…c’était un garçon un peu particulier, un peu « fermé »…j’ai parlé , je lui ai expliqué ce que je préconisais pour son entraînement , lui ne disait rien…

    Je lui ai donné alors un programme pour un mois et j’ai bien vu qu’il trouvait que je ne lui en donnait pas assez,  alors je  lui ai dit:

    « Si cela te va pas, tu seras libre d’arrêter ».

    Il a fait son programme pendant un mois il a trouvé que c’était dur!

    Mais il a continué et m’a fait petit à petit totalement confiance…je l’ai hébergé pendant plusieurs semaines et il avait table ouverte chez ma maman…

    Résultats : 6éme au France 1991 de cross à Laval international, 2éme au France de 10000m 1991, 1er au France de 25km 1991 et 1er donc à Paris Versailles.

    Et c’est là qu’une « bande de rats »  (c’est pas gentil pour les rats me direz-vous!) à Marignanne a commencé à lui monter le bourrichon…il m’a quitté, et bien malheureusement pour lui, pour retourner dans l’anonymat.

    Je l’ai revu à plusieurs reprises et ma foi c’était bien triste pour moi de le voir dans l’état où il était tombé.

    Je garde malgré tout un excellent souvenir du ch’ti car ce qui est arrivé n’était pas du tout de sa faute. Il s’est fait « embrouillé » par des gens qui ont cherché à récupérer Pascal pour s’en servir à des fins personnelles…il y avait des places à prendre à la Mairie de Marignane.

    Si nous avions pu continuer à travailler ensemble Pascal serait allé sur le marathon où il avait tout pour devenir un bon. J’ avais prévu qu’il fasse sa rentrée au marathon de Paris 1992.

    Mais en 1992 c’est Luis Soarés qui a brillé à Paris… on ne refait pas l’histoire !

     Ecrit le 24 septembre 2010 dans la catégorie  Les coureurs